Ecouter l’homélie du Père Jorge Jimenez

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 11, 2-11
En ce temps-là, Jean le Baptiste entendait parler, dans sa prison, des œuvres réalisées par le Christ. Il lui envoya ses disciples et, par eux, lui demanda : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? »
Jésus leur répondit : « Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez :
Les aveugles retrouvent la vue, et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, et les sourds entendent, les morts ressuscitent, et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle.
Heureux celui pour qui je ne suis pas une occasion de chute ! »
Jean est en prison, son ministère est arrivé à son terme. Sa parole et son attitude ont fait que ses opposants ont décidé de l’emprisonner, il sera ensuite exécuté.
Inviter les gens à la conversion est un acte qui ne plaît pas, surtout si leur manière de vivre n’est pas conforme. Malheureusement, c’est le cas pour bien des puissants, ici en particulier.
La parole de Jean ne se limite pas à un appel à un changement de vie, il annonce aussi un autre plus grand que lui, qui baptise dans le feu et dans l’Esprit Saint.
Cet autre, c’est Jésus, fils cousin de Nazareth. Certes, il a repris le flambeau, et lui aussi baptise avec ses disciples, mais des signes et des miracles se réalisent par lui.
Qui est-il ? Cette question est celle qui présage les disciples de Jean : est-il celui qui doit venir, le messie attendu, celui qui rétablira Israël dans sa dignité ?
Ouvrez les yeux, faites mémoire, quelle est la promesse d’Isaïe ? Qu’a-t-il annoncé ? Ne le voyez-vous pas ? Les temps sont accomplis ! Les signes d’un temps nouveau sont déjà présents et vous les cherchez encore !
Nous aussi, nous sommes prêts à croire. Depuis plus de deux mille ans, les signes sont manifestés et nous attendons encore et toujours autre chose. Nous n’allons pas dans le désert écouter un prophète, mais nous nous fabriquons de nouveaux prophètes : des hommes et des femmes qui nous disent comment vivre et comment penser. Ce n’est plus une voix qui crie dans le désert, mais des milliers de pages internet, TikTok, Instagram ou autres réseaux sociaux qui prennent la place de notre conscience et qui nous donnent du prêt-à-croire, du prêt-à-suivre, en annihilant notre libre arbitre et notre sens du réel.
Que cherchons-nous toujours ? Pourquoi n’acceptons-nous pas d’accueillir celui qui vient en toute simplicité au milieu de nous ? Sa parole nous libère et donne sens à notre existence. Vivre libres et heureux, prendre soin du petit et du pauvre, admirer la création et se laisser surprendre par elle.
Mais surtout, voir Dieu à l’œuvre en cet âge, par l’engagement de nos frères et le travail de nos mains. Rendre meilleure cette planète et accueillir chaque jour la grâce de Dieu visible au cœur du monde. N’est-ce pas cela qui réjouit le cœur de l’homme ?
Alors, en ce troisième dimanche de l’Avent, dimanche de Gaudete , dimanche en rose, habillons notre cœur de la promesse de celui qui vient transformer nos vies. Ne cherchons pas ailleurs celui qui est déjà avec nous.
Père Jorge Jiménez